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Le débat sur l’identification génétique canine s’intensifie dans l’Hérault. La récente décision du tribunal administratif de Montpellier d’annuler l’arrêté municipal de Béziers imposant le fichage ADN des chiens fait des vagues. Pourtant, le maire Robert Ménard persiste et signe un nouvel arrêté. Cette situation cristallise les tensions entre autorités locales et justice, tout en soulevant des questions sur les limites des pouvoirs municipaux face aux déjections canines. Plus d’actualités !
La guerre aux crottes de chiens dans le centre historique de Béziers
Depuis 2023, la municipalité biterroise a déclaré une véritable croisade contre les déjections canines qui jonchaient les trottoirs du centre-ville. L’arrêté municipal, plutôt inédit en France, rendait obligatoire l’identification génétique de tous les chiens circulant dans le centre historique. Les propriétaires devaient pouvoir justifier cette identification, faute de quoi ils s’exposaient à une amende.
Cette initiative visait à responsabiliser les maîtres indélicats qui ne ramassent pas les déjections de leurs compagnons à quatre pattes. En cas d’infraction constatée, la mairie pouvait alors, grâce à l’analyse ADN des crottes abandonnées, identifier le chien coupable et sanctionner son propriétaire.
Le tribunal administratif invalide la mesure controversée
La justice vient cependant de mettre un coup d’arrêt à ce dispositif. Le 13 mai dernier, le tribunal administratif de Montpellier a jugé que l’arrêté n’était “ni nécessaire, ni adapté, ni proportionné”, considérant les contraintes imposées aux propriétaires de chiens.
Dans son arrêt, le tribunal a notamment relevé que la municipalité n’avait pas démontré l’insuffisance des méthodes d’identification classiques, comme le tatouage ou la puce électronique. Cette décision fait suite à la plainte d’une habitante de Béziers, visiblement excédée par ces obligations qu’elle jugeait excessives.
Robert Ménard maintient le cap malgré l’annulation judiciaire
Face à cette décision de justice, le maire de Béziers n’a pas tardé à réagir. Le jour même, Robert Ménard a signé un nouvel arrêté municipal reprenant les mêmes dispositions. Il maintient l’amende de 35 euros pour défaut d’identification génétique et ajoute une redevance de 130 euros “au titre des frais de nettoiement” pour les propriétaires pris en flagrant délit de non-ramassage.
Pour justifier son entêtement, l’édile biterrois met en avant les résultats spectaculaires obtenus depuis la mise en place du dispositif : une baisse de 85% des déjections canines dans l’hypercentre entre septembre 2023 et avril 2025. Il souligne également “l’adhésion manifeste” des habitants et l’intérêt d’autres collectivités pour cette mesure innovante.
Un bras de fer juridique qui ne fait que commencer
L’avocate de la plaignante ne compte pas en rester là. Elle estime que ce nouvel arrêté “viole directement l’autorité de la chose jugée” et témoigne d’un “mépris pour l’état de droit”. Une nouvelle saisine de la justice est déjà prévue.
Sa cliente n’accepte pas que “la police puisse la contrôler lorsqu’elle sort promener son chien”, considérant cette mesure comme une atteinte disproportionnée aux libertés individuelles des propriétaires canins. Ce nouveau recours pourrait prolonger le feuilleton juridique autour de cette mesure controversée.
Les réactions partagées des citoyens face au fichage ADN
Les commentaires des internautes reflètent les divisions profondes sur cette question. Certains défendent ardemment l’état de droit et critiquent la position du maire, tandis que d’autres remettent en question le pouvoir des tribunaux administratifs, jugés trop restrictifs face aux initiatives locales.
Ce débat dépasse largement la simple question des déjections canines et touche à des problématiques plus larges comme l’équilibre des pouvoirs, la place des animaux en ville et les limites acceptables des contraintes imposées aux citoyens au nom de la propreté urbaine.
Une solution innovante qui fait des émules
Malgré la controverse, le fichage ADN des chiens semble séduire d’autres municipalités confrontées aux mêmes problèmes de propreté. Cette méthode, bien que contestée juridiquement, présente des avantages indéniables en termes d’efficacité.
Les résultats obtenus à Béziers parlent d’eux-mêmes : -85% de déjections en moins en moins de deux ans. Cette réussite explique pourquoi Robert Ménard refuse de renoncer à un dispositif qui, malgré ses aspects contraignants, améliore considérablement le cadre de vie des Biterrois.
Le dénouement de cette affaire pourrait créer un précédent juridique important pour toutes les communes françaises cherchant des solutions innovantes face au fléau des déjections canines. À suivre…
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