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Race de chien la plus rapide : le greyhound et les autres lévriers

Mis à jour le · 9 min de lecture
race de chien la plus rapide

La race de chien la plus rapide est le greyhound, le lévrier anglais. Le record homologué par le Guinness World Records appartient à une chienne australienne, Star Title, chronométrée à 67,32 km/h (41,83 mph) en 1994. En laboratoire, une étude publiée en 2012 dans The Journal of Experimental Biology a mesuré des greyhounds à 19 m/s, soit environ 68 km/h. Derrière lui viennent d’autres lévriers, saluki, barzoï, whippet, sloughi ou galgo, mais leurs vitesses reposent surtout sur des estimations et non sur des mesures publiées.

Nous reprenons ici les chiffres dont la source est connue, en précisant à chaque fois s’il s’agit d’une mesure, d’un record ou d’un ordre de grandeur. Puis nous expliquons ce qui rend ces chiens si rapides et ce que cela change quand on vit avec l’un d’eux.

Le greyhound, la race de chien la plus rapide

Le standard de la FCI (Fédération cynologique internationale) donne la Grande-Bretagne comme pays d’origine du greyhound et résume son usage en trois mots : « chien de course ». C’est un grand chien, de 71 à 76 cm au garrot pour les mâles et de 68 à 71 cm pour les femelles.

Le record Guinness : 67,32 km/h

Le chiffre de référence est celui de Star Title, une greyhound chronométrée à 41,83 mph, soit 67,32 km/h, sur une piste en ligne droite à Wyong, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie), le 5 mars 1994. L’American Kennel Club (AKC) reprend ce chiffre comme record du monde de la race. La fiche du record n’est plus consultable sur le site du Guinness, nous citons donc la valeur telle que la relaient l’AKC et d’autres publications.

Ce que disent les mesures scientifiques

L’étude la plus solide que nous ayons trouvée est celle de Penny Hudson, Sandra Corr et Alan Wilson (Royal Veterinary College, Royaume-Uni), publiée en 2012. Les chercheurs ont filmé à haute vitesse et fait courir sur des plateformes de force six greyhounds retraités des courses, confiés par le Retired Greyhound Trust. Résultat : une vitesse maximale de 19,0 m/s, soit environ 68 km/h, mesurée sur une piste d’élan rectiligne.

La même étude a mesuré des guépards captifs à 17,8 m/s (environ 64 km/h). Les greyhounds ont donc été plus rapides ce jour-là, mais les auteurs rappellent qu’un guépard sauvage peut atteindre environ 29 m/s, une vitesse qu’aucun chien n’approche.

L’AKC indique de son côté que les greyhounds ont été chronométrés à « plus de 35 miles par heure », soit plus de 56 km/h. C’est un ordre de grandeur pour un bon greyhound, le record de 67 km/h restant une performance exceptionnelle.

Les autres lévriers et leurs vitesses

Les lévriers forment le groupe 10 de la FCI : des chiens qui chassent à vue, en poursuivant la proie qu’ils voient, et non au flair. Tous sont rapides, mais peu ont fait l’objet de mesures publiées. Voici ce que nous avons pu vérifier, race par race.

Saluki

Le saluki vient du Moyen-Orient, où il servait à la chasse. Son standard FCI décrit des « allures légères et aériennes » et une taille de 58 à 71 cm au garrot. Un chiffre circule beaucoup : 68,8 km/h, attribué à l’édition 1996 du Guinness Book of Records, qui aurait alors désigné un saluki comme le chien le plus rapide. Nous n’avons pas pu consulter cette édition : ce chiffre est rapporté de seconde main et doit être pris avec prudence. Le saluki a en revanche une réputation de meilleur coureur que le greyhound sur les longues distances.

Barzoï (lévrier russe)

Originaire de Russie, le barzoï est le plus grand de la liste : 75 à 85 cm au garrot pour les mâles selon la FCI. Son standard décrit un « galop de charge extrêmement rapide » à la poursuite du lièvre ou du renard. L’AKC lui attribue une vitesse de 35 à 40 mph, soit 56 à 64 km/h. C’est une estimation de club de race, pas une mesure publiée.

Whippet

Le whippet est un petit lévrier britannique, de 44 à 51 cm au garrot selon la FCI. Il est souvent présenté comme le chien le plus rapide de sa catégorie de poids, avec une vitesse de pointe d’environ 56 km/h (35 mph). Ce chiffre est un ordre de grandeur repris d’un documentaire télévisé, sans étude derrière. Au XIXe siècle, les courses de whippets étaient un loisir populaire dans certaines régions d’Angleterre.

Sloughi

Le sloughi est un lévrier du Maroc, de 66 à 72 cm au garrot pour les mâles. Son standard FCI met en avant ses « allures souples et légères » et sa capacité d’effort soutenu à la chasse. Nous n’avons trouvé aucune vitesse mesurée pour cette race, nous n’en donnons donc pas.

Galgo espagnol

Le galgo, ou lévrier espagnol, est sélectionné pour la chasse au lièvre en terrain découvert, d’après la FCI (62 à 70 cm au garrot pour les mâles). Sa musculature est plus plate que celle du greyhound, ce qui en fait davantage un coureur d’endurance qu’un sprinteur pur. Là encore, aucune vitesse de pointe mesurée n’a été publiée à notre connaissance.

Race Origine (FCI) Taille au garrot (FCI) Vitesse citée Nature du chiffre
Greyhound Grande-Bretagne 71 à 76 cm (mâle), 68 à 71 cm (femelle) 67,32 km/h (record), environ 68 km/h (étude) Record Guinness 1994 et mesure publiée en 2012
Saluki Moyen-Orient 58 à 71 cm 68,8 km/h Guinness Book 1996, rapporté de seconde main
Barzoï Russie 75 à 85 cm (mâle), 68 à 78 cm (femelle) 56 à 64 km/h Estimation de l’AKC
Whippet Grande-Bretagne 47 à 51 cm (mâle), 44 à 47 cm (femelle) Environ 56 km/h Ordre de grandeur, sans mesure publiée

Les classements que l’on trouve en ligne ajoutent souvent le dobermann, le braque hongrois, le dalmatien ou le jack russell, avec des vitesses rarement sourcées. Nous ne les reprenons pas faute de mesure vérifiable. Si c’est l’endurance qui vous intéresse plus que la pointe de vitesse, notre guide des races les plus endurantes pour courir avec vous traite une autre question : un greyhound est taillé pour le sprint, pas pour le marathon.

Pourquoi les lévriers courent si vite

Une morphologie de sprinteur

Le standard du greyhound décrit une poitrine « haute et ample, donnant suffisamment de place pour le cœur », un dos « assez long, large et carré », des antérieurs longs et droits et des postérieurs « larges et musclés ». Les lévriers ont en commun un corps sec et léger, de longues pattes et un dos très souple qui allonge la foulée. L’AKC ajoute une tête étroite et allongée et des pieds de lièvre, longs et étroits.

Quant à la vue, une idée reçue veut que les lévriers voient plus net que les autres chiens. Aucune étude ne l’a démontré. Les chiens à museau long semblent en revanche plus sensibles aux mouvements rapides sur l’horizon, ce qui colle bien à une chasse à vue en terrain ouvert.

Le galop en double suspension

Au galop, le greyhound utilise ce que les chercheurs appellent un galop rotatoire : ses pattes touchent le sol l’une après l’autre en suivant un cercle autour du corps. Surtout, chaque foulée comporte deux phases où les quatre pattes sont en l’air, d’où le nom de galop en double suspension. L’étude de 2012 les décrit précisément :

  • une phase groupée, où le dos se fléchit et où les pattes arrière passent devant les pattes avant ;
  • une phase étendue, où les pattes sont lancées loin du corps, vers l’avant et vers l’arrière.

L’AKC affirme qu’un greyhound lancé passe jusqu’à 75 % de son temps en l’air, un chiffre à lire comme un ordre de grandeur. L’étude de 2012 a aussi relevé que les greyhounds gardent une cadence presque constante, autour de 3,5 foulées par seconde : pour accélérer, ils allongent surtout la foulée.

Vivre avec un lévrier au quotidien

La vitesse a une contrepartie : un lévrier lancé derrière un lièvre ou un chat ne se commande plus. C’est le point à comprendre avant d’en adopter un.

Un rappel peu fiable

Les lévriers ont été sélectionnés pendant des siècles pour poursuivre ce qui bouge. Beaucoup ont un instinct de poursuite très fort et un rappel faible, voire inexistant, dès qu’une proie apparaît. Et à 60 km/h, un chien qui part est loin en quelques secondes, parfois de l’autre côté d’une route. En promenade, le lévrier reste donc en laisse dans les zones non closes. Un traceur peut aider à retrouver un chien échappé, notre comparatif des traceurs GPS pour chien sans abonnement passe en revue les options, mais il ne remplace pas la laisse.

Courir, oui, mais en espace clos

Un lévrier a besoin de pouvoir galoper de temps en temps, mais pas de longues heures d’exercice. Le Greyhound Trust, principale association britannique de replacement de greyhounds, indique que ces chiens sont « faits pour la vitesse, pas pour l’endurance » et se contentent de deux promenades de vingt minutes par jour. Pour les faire courir en liberté, l’association recommande un espace clos et le port d’une muselière, à laquelle les greyhounds de course sont habitués.

Concrètement : un terrain bien clôturé, un parc canin fermé ou un club de coursing, ces courses sur leurre où les lévriers poursuivent un appât tracté. Le reste du temps, le Greyhound Trust décrit des chiens qui passent volontiers leurs journées à somnoler près de leur maître. Leur poil ras couvre peu : par temps froid, un manteau pour chien n’a rien d’un caprice.

Adopter un lévrier retraité

Au Royaume-Uni, environ 8 000 greyhounds quittent les courses chaque année selon le Greyhound Trust, qui en replace à peu près la moitié. La plupart prennent leur retraite entre trois et cinq ans, ce qui leur laisse de longues années de vie de famille. L’association les décrit comme intelligents, doux et affectueux, souvent capables de vivre avec des enfants et d’autres animaux.

En Espagne, le galgo est utilisé pour la chasse et de nombreux chiens sont abandonnés à la fin de la saison. Des associations les recueillent et les font adopter dans d’autres pays d’Europe, dont la France.

Avant d’adopter, posez trois questions à l’association :

  • Le chien a-t-il été testé avec des chats ? Certains greyhounds apprennent à vivre avec des chats ou de petits animaux, d’autres jamais. Notre article sur les races de chiens incompatibles avec les chats détaille ce point.
  • Comment se comporte-t-il en laisse et à la maison ? Un chien qui a passé ses premières années en chenil de course découvre parfois la vie de famille à l’adoption : demandez ce que l’association a observé chez lui.
  • Quel suivi propose l’association ? Demandez ce qui est prévu après l’adoption et si l’association reprend le chien en cas de problème.

Avant de vous engager, prévoyez un jardin bien clos ou repérez un parc canin fermé près de chez vous : c’est ce qui permettra à votre lévrier de courir sans risque.

Sources

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Fabien Bousquin
L'auteurFabien Bousquin

Amoureux des chiens depuis ma tendre enfance, une passion transmise par mon grand-père. Je vis dans un petit village de Corrèze où mes chiens profitent de la nature, et je partage sur Au Bon Toutou mes conseils sur la santé, la nutrition, l'éducation et les…

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