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Race de chien la plus lourde : poids des races géantes, records et santé

Mis à jour le · 11 min de lecture
Les chiens les plus lourds

La race de chien la plus lourde est en général le mastiff (ou mastiff anglais) : c’est un mastiff, Zorba, qui détient le record du chien le plus lourd jamais pesé, avec environ 150 kg en 1989 selon le Livre Guinness des records. Saint-bernard, mâtin napolitain, terre-neuve, léonberg, dogue allemand et grands bergers d’Asie complètent la liste des géants. Un point surprend souvent : la plupart des standards officiels de la FCI ne donnent aucun poids, seulement une hauteur au garrot. Voici ce que disent vraiment les standards, les records vérifiables, l’espérance de vie et la santé de ces races, et ce qu’elles coûtent au quotidien.

Ce que disent les standards FCI sur le poids des races géantes

La Fédération cynologique internationale (FCI) publie pour chaque race un standard rédigé par le pays d’origine. C’est la référence utilisée en exposition et par les clubs de race. Nous avons relu les standards des principales races géantes : la majorité fixe une taille, très peu fixent un poids.

Race Pays d’origine Hauteur au garrot (mâle / femelle) Poids dans le standard FCI (mâle / femelle)
Mastiff Grande-Bretagne Aucune valeur chiffrée Aucun poids indiqué
Saint-bernard Suisse 70 à 90 cm / 65 à 80 cm Aucun poids indiqué
Dogue allemand Allemagne 80 à 90 cm / 72 à 84 cm Aucun poids indiqué
Mâtin napolitain Italie 65 à 75 cm / 60 à 68 cm 60 à 70 kg / 50 à 60 kg
Terre-neuve Canada 71 cm / 66 cm en moyenne Environ 68 kg / 54 kg en moyenne
Léonberg Allemagne 72 à 80 cm / 65 à 75 cm Aucun poids indiqué
Chien de montagne des Pyrénées France 70 à 80 cm / 65 à 75 cm Aucun poids indiqué
Mâtin espagnol Espagne 77 cm / 72 cm minimum Aucun poids indiqué
Mâtin des Pyrénées Espagne 77 cm / 72 cm minimum Aucun poids indiqué
Berger du Caucase URSS (Russie) Idéal 72 à 75 cm / 67 à 70 cm 50 kg / 45 kg minimum
Berger d’Asie centrale URSS (Asie centrale) 70 cm / 65 cm minimum 50 kg / 40 kg minimum
Dogue du Tibet (do-khyi) Tibet (Chine) 66 cm / 61 cm minimum Aucun poids indiqué
Dogue de Bordeaux France 60 à 68 cm / 58 à 66 cm 50 kg / 45 kg minimum
Bullmastiff Grande-Bretagne 64 à 69 cm / 61 à 66 cm 50 à 59 kg / 41 à 50 kg

Trois enseignements ressortent de ce tableau :

  • Le mastiff n’a ni taille ni poids chiffrés dans son standard FCI : le texte britannique le décrit comme grand, massif et puissant, et précise que la taille est très recherchée.
  • Plusieurs standards ne fixent pas de limite haute. Celui des deux mâtins espagnols indique qu’à proportions égales, les sujets les plus grands sont les plus estimés. Celui du saint-bernard précise qu’un chien plus grand que la limite supérieure n’est pas pénalisé s’il reste harmonieux.
  • Quand un poids est donné, c’est souvent un minimum (dogue de Bordeaux, bergers du Caucase et d’Asie centrale). Seuls le mâtin napolitain et le bullmastiff donnent une fourchette complète, et le terre-neuve un poids moyen.

Conséquence pratique : un classement des races « au kilo près » n’a pas de base officielle. Les poids qui circulent pour le mastiff, le saint-bernard ou le dogue allemand ne viennent donc pas de leur standard FCI. Pour connaître le poids réaliste d’un chiot adulte, le plus fiable reste de demander à l’éleveur le poids des deux parents.

Les races de chiens les plus lourdes, une par une

Le mastiff

Molosse de type dogue originaire de Grande-Bretagne, classé par la FCI dans le groupe 2 (section molossoïdes). C’est la race du recordman Zorba. Son standard, publié en 2010, ne donne aucune mesure : seule compte l’impression de masse et de puissance, avec une taille recherchée. C’est aussi l’une des races dont l’espérance de vie médiane est la plus courte dans les grandes études britanniques (voir plus bas).

Le saint-bernard

Race suisse, issue des chiens de l’hospice du Grand-Saint-Bernard. Son standard (2016) fixe une hauteur au garrot de 70 à 90 cm pour les mâles et de 65 à 80 cm pour les femelles, sans aucun poids. Le saint-bernard figure dans les listes de races prédisposées à la torsion d’estomac et à la cardiomyopathie dilatée du manuel vétérinaire MSD.

Le dogue allemand

Ce n’est pas le plus lourd, mais c’est le plus grand : 80 cm minimum pour un mâle d’après son standard, avec un plafond conseillé à 90 cm. C’est un dogue allemand, Zeus, qui détient le record du plus grand chien jamais mesuré. La race est citée en premier dans la liste des chiens à risque de torsion d’estomac du manuel MSD.

Le terre-neuve

Le standard canadien du terre-neuve est l’un des rares à donner un poids : environ 68 kg pour un mâle et 54 kg pour une femelle en moyenne, pour 71 et 66 cm au garrot. Il s’agit d’une moyenne, pas d’une limite.

Le léonberg

Race allemande, souvent confondue avec un gros berger à poil long. Son standard vise 76 cm pour un mâle (fourchette de 72 à 80 cm) et 70 cm pour une femelle, sans poids indiqué.

Le chien de montagne des Pyrénées

Le « patou », chien de protection des troupeaux et race française. Son standard demande 70 à 80 cm pour les mâles et 65 à 75 cm pour les femelles. Là encore, aucun poids officiel.

Les mâtins et les bergers d’Asie

Le mâtin espagnol et le mâtin des Pyrénées ont les minimums de taille les plus élevés du tableau (77 cm pour un mâle) et aucun plafond. Les bergers du Caucase et d’Asie centrale sont parmi les rares races dont le standard impose un poids minimum, 50 kg pour les mâles. Le mâtin napolitain est celui dont la fourchette officielle monte le plus haut : 60 à 70 kg pour un mâle.

Records : le chien le plus lourd et le plus grand jamais mesurés

Le plus lourd : Zorba, un mastiff. Ce chien appartenant à Chris Eraclides pesait 142 kg en septembre 1987. En novembre 1989, il est donné à environ 150 kg : les chiffres varient selon les éditions du Guinness citées, de 149,7 kg à 156,5 kg. Il mesurait 94 cm au garrot et 2,51 m du bout du nez au bout de la queue. Ces données proviennent des éditions 1989 et 1995 du Livre Guinness des records, telles que reprises par Wikipédia.

Le plus grand : Zeus, un dogue allemand. D’après Guinness World Records, Zeus mesurait 1,118 m au garrot le 4 octobre 2011. Il vivait avec la famille Doorlag à Otsego, dans le Michigan (États-Unis).

Ces records restent des cas individuels. Un chiot de ces races n’a aucune raison d’atteindre de tels gabarits, et un chien très au-dessus du poids habituel de sa race est d’abord un chien qu’il faut faire examiner : chez les géants, l’excès de poids charge encore plus les articulations et le cœur. Si votre chien s’arrondit, notre guide pour faire maigrir un chien obèse détaille la démarche.

Espérance de vie des races géantes : ce que disent les études

Les chiens les plus lourds vivent moins longtemps que les petits. Deux travaux publiés permettent de chiffrer et d’expliquer cet écart.

L’étude McMillan et al. (Scientific Reports, 2024) a analysé les données de 584 734 chiens au Royaume-Uni, issues de 18 sources (registres de race, assureurs, groupes de cliniques, archives universitaires, associations). La longévité médiane, tous chiens confondus, est de 12,5 ans. Parmi les races les plus exposées à une mort précoce :

Race Longévité médiane (McMillan et al., 2024)
Berger du Caucase 5,4 ans
Presa canario (dogue canarien) 7,7 ans
Cane corso 8,1 ans
Mastiff 9,0 ans
Saint-bernard 9,3 ans
Mâtin napolitain 9,3 ans
Tous chiens confondus 12,5 ans
Lancashire heeler (race la plus longévive de l’étude) 15,4 ans

Les auteurs relèvent aussi que les grandes races meurent plus tôt que les petites : 11,9 ans de médiane pour les grandes, contre 12,7 ans pour les petites. Le dogue allemand, le terre-neuve, le léonberg et le lévrier irlandais ne sont pas détaillés dans le texte de l’article.

Pourquoi les gros chiens vivent moins longtemps ? L’étude de Cornelia Kraus, Samuel Pavard et Daniel Promislow (The American Naturalist, 2013), menée sur 74 races, apporte une réponse : les grands chiens ne commencent pas à vieillir plus tôt, mais ils vieillissent plus vite une fois le processus engagé. Leur risque de mortalité de base est un peu plus élevé, mais c’est surtout ce vieillissement accéléré qui raccourcit leur vie. Pour le propriétaire d’un chien géant, cela plaide pour des bilans de santé réguliers plus tôt que chez un petit chien. Nous avons aussi publié la liste des races de chien qui vivent le moins longtemps.

Les problèmes de santé fréquents chez les chiens les plus lourds

La torsion d’estomac (dilatation-torsion gastrique)

Le manuel vétérinaire MSD la décrit comme une urgence vitale qui touche surtout les chiens de grande et de très grande taille. Le dogue allemand et le saint-bernard figurent dans la liste des races les plus à risque, avec le berger allemand, les setters irlandais et gordon, le braque de Weimar, le caniche royal et le basset hound.

Facteurs de risque cités par le manuel MSD :

  • une poitrine profonde et étroite, et un parent au premier degré ayant déjà fait une torsion ;
  • un seul repas par jour, une alimentation uniquement en croquettes, un chien qui mange très vite ;
  • un chien maigre, stressé, craintif ou agressif, et l’avancée en âge.

Les signes qui doivent faire partir immédiatement chez le vétérinaire : efforts de vomissement sans rien rejeter, salivation abondante, agitation et ventre qui gonfle. Même traités, une part importante des chiens n’y survivent pas : le manuel MSD avance une mortalité d’environ 20 % chez les animaux pris en charge, et de 25 à 30 % dans une autre partie du même chapitre. La gastropexie (fixation chirurgicale de l’estomac à la paroi) ne supprime pas la dilatation, mais elle doit empêcher la torsion. Chez les races à risque, elle peut être discutée avec le vétérinaire, par exemple lors de la stérilisation.

La cardiomyopathie dilatée

Cette maladie du muscle cardiaque touche surtout les grandes races. Le manuel MSD cite notamment le dogue allemand, le lévrier irlandais, le terre-neuve et le saint-bernard parmi les races particulièrement concernées. Un souffle cardiaque discret est souvent présent, et l’échographie cardiaque est l’examen de référence pour poser le diagnostic. Pour un chiot de ces races, demandez à l’éleveur si les parents ont été suivis par un cardiologue.

La dysplasie de la hanche et du coude

La dysplasie, une malformation de l’articulation, est l’autre sujet à aborder avant l’achat d’un chiot de race géante. Demandez les résultats officiels de dépistage radiographique des hanches et des coudes des deux parents. Pendant la croissance, évitez les efforts violents et le surpoids, et utilisez une alimentation formulée pour chiots de grande race. Plus tard, une rampe pour monter en voiture évite de soulever 60 kg ou plus et ménage les articulations d’un chien vieillissant.

Combien coûte un chien de race géante

Nous ne donnons pas ici de montant mensuel, car il dépend trop de l’alimentation choisie et de la région. Les postes qui augmentent avec le poids, en revanche, sont bien identifiés :

  • L’alimentation : un chien de 60 à 70 kg mange plusieurs fois la ration d’un chien moyen, et un chiot de race géante a besoin d’un aliment adapté pendant une croissance qui dure plus longtemps.
  • Les antiparasitaires et les médicaments : ils sont dosés et vendus par tranche de poids. Les tranches les plus hautes sont aussi les plus chères.
  • Les actes vétérinaires : anesthésie, chirurgie (stérilisation, gastropexie) et examens sont plus coûteux sur un grand gabarit. Une échographie cardiaque de dépistage s’ajoute pour les races à risque.
  • Le matériel : panier, cage de transport, harnais, rampe et parfois un véhicule assez grand. Tout se prend dans la taille la plus haute du catalogue, quand elle existe.
  • L’assurance santé : les tarifs et conditions dépendent de la race et de l’âge du chien. Lisez les exclusions, les plafonds et l’âge limite de souscription avant de signer.

Pour chiffrer votre propre cas, notre article sur le budget mensuel d’un chien détaille chaque poste. Prévoyez ensuite une marge supplémentaire pour un chien géant.

Avant d’adopter un chien de race géante

  • Demandez à l’éleveur le poids adulte des deux parents : c’est une meilleure indication que n’importe quel tableau, puisque la plupart des standards ne donnent pas de poids.
  • Demandez les dépistages officiels des parents (hanches, coudes, cœur selon la race) et l’âge auquel sont morts les chiens de la lignée.
  • Vérifiez que vous pourrez soulever ou transporter votre chien s’il se blesse : un chien de 60 kg ou plus ne se porte pas seul.
  • Repérez dès l’adoption une clinique vétérinaire de garde joignable de nuit : en cas de torsion d’estomac, chaque heure compte.
  • Fractionnez les repas en au moins deux par jour et évitez qu’il mange trop vite, deux mesures simples liées au risque de torsion.

Pour toute question sur le risque de torsion, le dépistage cardiaque ou la croissance d’un chiot de race géante, parlez-en à votre vétérinaire dès la première consultation : c’est à cet âge que l’on prend les meilleures décisions de prévention.

Sources

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Fabien Bousquin
L'auteurFabien Bousquin

Amoureux des chiens depuis ma tendre enfance, une passion transmise par mon grand-père. Je vis dans un petit village de Corrèze où mes chiens profitent de la nature, et je partage sur Au Bon Toutou mes conseils sur la santé, la nutrition, l'éducation et les…

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