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Race de chien qui aime l’eau : les chiens nageurs, leur origine et les races qui nagent mal

Mis à jour le · 12 min de lecture
Ces 5 races de chiens sont de véritables nageurs

Les races de chien qui aiment le plus l’eau sont celles que l’on a sélectionnées pour y travailler. On les trouve surtout dans trois familles : le terre-neuve, chien de trait et de sauvetage des côtes canadiennes ; les chiens d’eau (chien d’eau portugais, chien d’eau espagnol, barbet, épagneul d’eau irlandais, lagotto romagnolo) ; et les retrievers (labrador, golden, chesapeake bay, retriever de la Nouvelle-Écosse). Leurs standards officiels décrivent des pieds palmés, un poil imperméable ou une queue qui sert de gouvernail. À l’inverse, les chiens au museau écrasé et ceux qui sont très lourds ou courts sur pattes nagent mal. Et quelle que soit la race, un chien peut se noyer.

Dans cet article, nous reprenons pour chaque race ce que dit son standard FCI (Fédération cynologique internationale) sur son origine et son usage, puis les races qui ont du mal dans l’eau, et les précautions à prendre au lac, en rivière et à la mer.

Ce qui fait un bon chien nageur

Un chien qui aime l’eau n’est pas forcément un chien bâti pour nager longtemps. Les races dites nageuses ont été choisies pendant des générations pour un travail précis dans l’eau : rapporter le gibier d’eau, aider les pêcheurs, tirer des filets ou porter secours. Les standards FCI de ces races mentionnent plusieurs traits utiles :

  • Des pieds palmés : le standard du terre-neuve indique que « les pieds sont palmés », celui du chien d’eau portugais décrit une membrane interdigitale « qui arrive jusqu’au bout des doigts ».
  • Un poil qui protège de l’eau froide : poil double imperméable (terre-neuve, retriever de la Nouvelle-Écosse), sous-poil imperméable (golden retriever), toison laineuse (barbet) ou poil gras « imperméable à l’eau à la façon des plumes d’un canard » (chesapeake bay retriever).
  • Une queue qui sert de gouvernail : c’est écrit noir sur blanc pour le terre-neuve, et le standard du labrador parle d’une « queue de loutre », épaisse à la base.
  • Une motivation : le standard du labrador cite sa « passion pour l’eau » parmi ses traits de caractère.

La FCI range d’ailleurs la plupart de ces races dans son groupe 8, qui réunit les chiens rapporteurs de gibier (section 1, les retrievers), les chiens leveurs de gibier (section 2) et les chiens d’eau (section 3). Le terre-neuve fait exception : il est classé dans le groupe 2, avec les molossoïdes de type montagne.

Les races de chien qui aiment l’eau, comparées

Le tableau reprend les informations des standards FCI : pays d’origine, usage d’origine, atouts décrits pour l’eau et taille au garrot.

Race Origine (FCI) Usage d’origine Atout pour l’eau selon le standard Taille au garrot
Terre-neuve Canada Trait de lourdes charges, chien d’eau, sauvetage Pieds palmés, poil double imperméable, queue gouvernail 71 cm (mâle), 66 cm (femelle) en moyenne
Chien d’eau portugais Portugal Auxiliaire de pêche et de rapport Membrane interdigitale jusqu’au bout des doigts, queue utile pour nager et plonger 50 à 57 cm (mâle), 43 à 52 cm (femelle)
Barbet France Chasse à la sauvagine Toison laineuse épaisse, va à l’eau par tous les temps 58 à 65 cm (mâle), 53 à 61 cm (femelle)
Chien d’eau espagnol Espagne Berger, chasse, pêche Poil bouclé laineux adapté aux zones marécageuses 44 à 50 cm (mâle), 40 à 46 cm (femelle)
Épagneul d’eau irlandais Irlande Chasse, notamment au gibier d’eau Boucles serrées d’aspect huileux 53 à 59 cm (mâle), 51 à 56 cm (femelle)
Lagotto romagnolo Italie Chien d’eau des marais, aujourd’hui chien truffier Poil laineux en petites boucles serrées 43 à 48 cm (mâle), 41 à 46 cm (femelle)
Labrador retriever Grande-Bretagne Rapport du gibier Sous-poil résistant aux intempéries, queue de loutre 56 à 57 cm (mâle), 54 à 56 cm (femelle)
Golden retriever Grande-Bretagne Rapport du gibier Sous-poil serré et imperméable 56 à 61 cm (mâle), 51 à 56 cm (femelle)
Chesapeake bay retriever États-Unis Rapport sur terre et dans l’eau Poil gras imperméable, pieds bien palmés 58 à 66 cm (mâle), 53 à 61 cm (femelle)
Retriever de la Nouvelle-Écosse Canada Appelant et rapporteur de gibier d’eau Poil double imperméable, pieds fortement palmés 48 à 51 cm (mâle), 45 à 48 cm (femelle)

Le terre-neuve, chien d’eau et de sauvetage

Le standard FCI du terre-neuve le décrit comme un « chien de traîneau pour charges lourdes, chien d’eau ». La race s’est formée sur l’île de Terre-Neuve, au Canada. Le standard précise qu’au début de la colonisation de l’île, en 1610, le chien de Terre-Neuve possédait déjà en grande partie sa morphologie et son comportement : il tirait de lourdes charges sur la terre ferme, ou servait de chien d’eau ou de sauveteur.

C’est la race dont le standard parle le plus directement de la nage : pieds palmés, poil double imperméable, queue qui « fait fonction de gouvernail quand le Terre-Neuve nage ». C’est aussi un très grand chien : le poids moyen indiqué est d’environ 68 kg pour les mâles et 54 kg pour les femelles. Ce gabarit compte au moment de le sortir de l’eau ou de le transporter.

Les chiens d’eau : portugais, espagnol, barbet et les autres

La section 3 du groupe 8 de la FCI porte un nom qui ne laisse pas de doute : « chiens d’eau ». Ces races ont en commun un poil bouclé ou laineux et un passé de travail dans les marais, les rivières ou auprès des pêcheurs.

Chien d’eau portugais

Son standard le présente comme un « auxiliaire de pêche et de rapport ». Autrefois présent sur tout le littoral portugais, il s’est concentré en Algarve, au sud du pays, avec la modernisation des techniques de pêche. Il existe en deux variétés de poil, long ondulé ou court et crépu, toutes deux sans sous-poil. Le standard insiste sur deux détails qui comptent dans l’eau : la membrane entre les doigts, qui va jusqu’au bout, et la queue, décrite comme un précieux auxiliaire pour nager et plonger.

Barbet

Le barbet est la race d’eau française. Son standard le définit comme un chien d’eau pour la chasse à la sauvagine, qui cherche et débusque le gibier dans la végétation aquatique et rapporte les oiseaux tirés. Il est cité dans plusieurs ouvrages dès le XVIe siècle. Sa toison longue, laineuse et frisée le protège du froid et de l’humidité : le standard précise qu’il « ne craint pas le froid, va à l’eau par tous les temps ».

Chien d’eau espagnol

Le standard du chien d’eau espagnol (perro de agua español) lui prête des ancêtres communs avec le barbet. Sa population la plus dense se trouve en Andalousie, où il a longtemps servi de chien de berger et a été connu sous le nom de « chien turc ». Son usage officiel couvre la garde des troupeaux, la chasse et l’aide aux pêcheurs. Son poil, toujours bouclé et laineux, est décrit comme adapté aux zones marécageuses.

Épagneul d’eau irlandais

Ses origines exactes restent obscures, mais le standard date de 1600 la première mention, en Irlande, de chiens d’eau chassant la sauvagine. Un club de race a été fondé en 1890. On le reconnaît à son poil marron foncé en boucles serrées, d’aspect naturellement huileux, et à sa queue dite « de rat ».

Lagotto romagnolo

Le lagotto vient des marais de Comacchio et de Ravenne, en Italie. Quand ces zones humides ont été drainées et mises en culture, la race a reconverti ses aptitudes de chien d’eau dans la recherche des truffes. Son standard actuel le classe toujours parmi les chiens d’eau, mais son usage officiel est celui de chien truffier : un bon exemple d’une race nageuse par ses origines dont le travail a changé.

Et le caniche ?

Le caniche est aujourd’hui classé chien de compagnie (groupe 9), mais son standard FCI rappelle qu’il descend du barbet et qu’il servait à l’origine à la chasse aux oiseaux aquatiques. Son nom vient d’ailleurs de « cane », la femelle du canard.

Les retrievers, rapporteurs de gibier dans l’eau

Les retrievers forment la section 1 du groupe 8 de la FCI. Leur travail : rapporter le gibier tiré, souvent tombé dans un étang ou un marais. Ils ne sont pas classés « chiens d’eau », mais plusieurs ont été façonnés autour de cette tâche.

Labrador retriever

Malgré son nom, le labrador a pour pays d’origine la Grande-Bretagne selon la FCI. Son standard rapporte la croyance populaire selon laquelle la race serait originaire des côtes de Terre-Neuve, où des pêcheurs utilisaient un chien d’apparence similaire pour rapporter les poissons. Il précise aussi que ce n’est pas une race très ancienne : elle a connu ses premiers succès en Grande-Bretagne après son introduction à la fin des années 1800, et son club de race n’a été formé qu’en 1916. Le standard le qualifie d’« excellent chien d’eau », grâce à sa robe résistant aux intempéries et à sa queue en forme de queue de loutre, et cite sa « passion pour l’eau » dans son caractère.

Golden retriever

Également originaire de Grande-Bretagne, le golden est un chien rapporteur de gibier. Son standard ne parle pas directement de nage, mais décrit un poil plat ou ondulé avec de bonnes franges et un sous-poil « serré et imperméable ».

Chesapeake bay retriever

C’est sans doute le retriever le plus spécialisé dans l’eau froide. Son standard le décrit comme un retriever « également efficace sur terre et dans l’eau », développé le long de la baie de Chesapeake, aux États-Unis, pour chasser dans des conditions difficiles : il devait parfois casser la glace pour rapporter le gibier. Son poil court, rêche et ondulé, et son sous-poil laineux sont imprégnés d’une huile naturelle qui les rend imperméables. Ses pieds sont décrits comme bien palmés.

Retriever de la Nouvelle-Écosse

Ce retriever canadien a un travail original : il court et joue au bord de l’eau, bien en vue des canards, dont la curiosité les fait approcher à portée de fusil. Il rapporte ensuite les oiseaux tirés. Le standard indique qu’il est sélectionné depuis le début du XIXe siècle comme appelant et rapporteur de gibier d’eau, avec un poil double imperméable et des pieds fortement palmés.

D’autres retrievers, comme le flat-coated ou le curly-coated, figurent aussi dans la plupart des listes de chiens nageurs publiées en France.

Les races qui nagent mal

Tous les chiens ne savent pas nager d’instinct. Le site du fabricant d’aliments Hill’s Pet Nutrition distingue trois profils qui ont du mal dans l’eau :

  • Les races brachycéphales, au museau très court : bouledogue anglais, bouledogue français, carlin, shih tzu. Hill’s explique que l’eau leur entre trop facilement dans le nez.
  • Les corps lourds en forme de tonneau, qui ont du mal à rester à flot. Hill’s range aussi le bull terrier et le boxer parmi les mauvais nageurs.
  • Les corps longs sur pattes courtes : basset hound, teckel, corgi.

Cela ne veut pas dire que ces chiens doivent rester loin de l’eau. Hill’s conseille de les garder dans une eau peu profonde, sous surveillance, et de leur mettre un gilet de flottaison dès qu’ils sont à proximité d’un plan d’eau.

Sécurité : gilet, cyanobactéries, eau de mer

Même un terre-neuve ou un labrador peut se mettre en difficulté. Les risques principaux viennent de la fatigue, de l’eau elle-même (algues toxiques, sel) et de l’eau avalée en jouant.

Le gilet de sauvetage

L’American Kennel Club (AKC) conseille un gilet de flottaison bien ajusté, avec une poignée assez solide pour soulever le chien hors de l’eau, une couleur vive et des bandes réfléchissantes, une flottaison supplémentaire sous le menton pour garder la tête hors de l’eau et un anneau pour attacher la laisse. Pour les races qui nagent mal, c’est l’équipement de base ; pour les autres, il reste utile en bateau ou en eau agitée. Nous comparons plusieurs modèles dans notre guide des meilleurs gilets de sauvetage pour chien.

Apprendre à nager sans forcer

L’AKC rappelle qu’il ne faut jamais jeter un chiot ou un jeune chien à l’eau : cela peut lui faire perdre confiance pour toujours. Laissez-le entrer progressivement, là où il a pied, et apprenez-lui où se trouve la sortie, surtout dans une piscine aux bords lisses. Ne le laissez jamais seul près de l’eau.

Cyanobactéries en lac et en rivière

En été, certaines eaux douces se chargent de cyanobactéries. L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes souligne que les chiens sont particulièrement sensibles aux toxines qu’elles produisent. Ils s’exposent en buvant l’eau, en mangeant des dépôts sur les berges ou en se léchant après la baignade. Les signes qui doivent alerter dans l’eau : une couleur vert turquoise, rougeâtre ou brun-jaune, des amas flottants qui ressemblent à de la laine mouillée, de l’écume, des dépôts ou plaques glissantes sur les bords.

D’après l’article de Santévet rédigé par une vétérinaire, les symptômes peuvent apparaître entre 15 minutes et quelques heures : hypersalivation, tremblements, faiblesse, convulsions, ou vomissements et diarrhée selon la toxine. La conduite à tenir : empêcher le chien de boire, rincer son pelage à l’eau claire et appeler un vétérinaire sans attendre les symptômes. Respectez les panneaux d’interdiction de baignade. Nous détaillons les symptômes et les délais dans notre article sur les cyanobactéries chez le chien, et nous avons recensé des lacs où se baigner avec son chien.

Eau de mer

Le manuel vétérinaire MSD indique que des chiens ont développé un excès de sodium dans le sang après avoir nagé ou joué dans la mer sans avoir accès à de l’eau douce. Les premiers signes sont des vomissements dans les heures qui suivent, qui peuvent évoluer vers de la faiblesse, de la diarrhée, des tremblements musculaires et des convulsions. À la plage, emportez de l’eau douce, proposez-en régulièrement et limitez les jeux de rapport qui font avaler de l’eau salée.

L’eau avalée en jouant

Même en eau douce, un chien qui happe l’eau ou rapporte une balle pendant longtemps peut en avaler beaucoup. L’association vétérinaire britannique PDSA explique que cette intoxication par l’eau, rare, fait chuter le taux de sodium. Signes à surveiller : démarche titubante, fatigue, faiblesse, ventre gonflé, vomissements, pupilles dilatées. La PDSA conseille des pauses régulières et des jouets qui flottent, en évitant les formes rondes comme les balles de tennis.

La « queue de nageur »

Après une longue baignade, surtout en eau froide, certains chiens rentrent avec la queue pendante et douloureuse. Le centre de santé canine de l’université Cornell décrit ce trouble, appelé queue de nageur ou myopathie caudale aiguë, surtout chez les grands chiens jeunes et sportifs comme les labradors : la queue sert de gouvernail et se fatigue. La plupart des chiens récupèrent en quelques jours à deux semaines avec du repos. En cas de doute, ou si un signe d’intoxication apparaît après la baignade, appelez votre vétérinaire.

Avant la première baignade

Si vous avez une race nageuse, ne prenez pas son goût de l’eau pour une garantie : vérifiez l’état de l’eau, l’accès pour sortir, le courant, et ayez toujours de l’eau douce avec vous. Si votre chien est brachycéphale, lourd ou court sur pattes, commencez par une eau où il a pied, avec un gilet à poignée. Dans les deux cas, renseignez-vous avant de partir sur les règles locales : beaucoup de plages et de plans d’eau limitent l’accès des chiens en saison.

Sources

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Fabien Bousquin
L'auteurFabien Bousquin

Amoureux des chiens depuis ma tendre enfance, une passion transmise par mon grand-père. Je vis dans un petit village de Corrèze où mes chiens profitent de la nature, et je partage sur Au Bon Toutou mes conseils sur la santé, la nutrition, l'éducation et les…

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