Il a huit semaines, des pattes trop grandes pour lui et une passion immédiate pour vos lacets. Avant les premières balades, un rendez-vous s’impose pourtant : celui du vétérinaire. Le vaccin du chiot se fait en plusieurs injections, et le calendrier a ses raisons, que peu de maîtres connaissent vraiment.
CHPPiL, rage, toux du chenil, piroplasmose : les sigles défilent sur le carnet de santé sans toujours être expliqués. Certains vaccins protègent contre des maladies mortelles encore bien présentes en France, d’autres dépendent du mode de vie ou d’un projet de voyage.
Voici le programme complet, semaine après semaine, avec les prix constatés en 2026 et les questions pratiques qui reviennent à chaque consultation.
Table des matières
ToggleVaccin chiot : pourquoi une seule injection ne suffit pas
À la naissance, le chiot reçoit par le colostrum les anticorps de sa mère. Cette protection d’emprunt est précieuse, mais elle a un défaut : les anticorps maternels neutralisent aussi le vaccin. Tant qu’ils circulent en quantité suffisante, l’injection reste sans effet.
Or leur disparition ne suit aucun horaire précis. Selon les portées, ils s’effacent entre 8 et 16 semaines, parfois plus tard. Répéter les injections toutes les trois à quatre semaines permet de couvrir cette période floue et de « prendre le relais » au bon moment, quel qu’il soit.
La recommandation de la WSAVA
L’Association mondiale des vétérinaires pour animaux de compagnie a mis à jour ses lignes directrices en 2024. Elle préconise de poursuivre la primovaccination jusqu’à 16 semaines ou plus, puis de faire un rappel dès 26 semaines plutôt que d’attendre le premier anniversaire. L’idée : rattraper rapidement les rares chiots qui n’auraient pas répondu.
CHPPiL : ce que contient le vaccin du chiot
Derrière ces cinq lettres se cachent cinq maladies. Les trois premières sont dites essentielles : tout chien devrait être protégé contre la maladie de Carré, l’hépatite de Rubarth et la parvovirose, quel que soit son lieu de vie.
| Lettre | Maladie | Ce qu’elle provoque | Rappel adulte |
|---|---|---|---|
| C | Maladie de Carré (virus) | Fièvre, toux, diarrhée puis atteinte nerveuse souvent mortelle | Tous les 3 ans selon le vaccin |
| H | Hépatite de Rubarth (adénovirus) | Atteinte du foie, hémorragies, œil bleu | Tous les 3 ans selon le vaccin |
| P | Parvovirose (virus) | Vomissements, diarrhée hémorragique, déshydratation rapide | Tous les 3 ans selon le vaccin |
| Pi | Parainfluenza (virus) | Toux sèche, participe à la toux du chenil | Chaque année |
| L | Leptospirose (bactérie) | Insuffisance rénale ou hépatique, transmissible à l’homme | Chaque année |
La parvovirose mérite une mention spéciale. Son virus survit des mois dans le milieu extérieur, sur un trottoir, une pelouse ou une semelle de chaussure. Le chiot non vacciné est sa cible favorite, et certaines races, comme le rottweiler ou le doberman, y sont réputées plus sensibles.
La leptospirose, elle, se contracte par l’urine de rongeurs, souvent dans les flaques, les fossés et les étangs. Les vaccins récents, dits L4, couvrent quatre sérogroupes de bactéries. Comme leur immunité est plus courte, le rappel reste annuel.
Calendrier de vaccination du chiot, semaine par semaine
Le protocole ci-dessous est celui que pratiquent la plupart des cliniques françaises. Votre vétérinaire peut l’ajuster selon l’origine du chiot, sa race ou l’exposition au risque.
8 semaines
Première injection CHPPi et leptospirose. Souvent faite chez l’éleveur avant la cession.
12 semaines
Deuxième injection CHPPiL. La rage devient possible à cet âge.
16 semaines
Troisième injection CHP, recommandée par la WSAVA et vivement conseillée en zone à risque.
6 mois à 1 an
Rappel de consolidation. Ensuite, CHP tous les trois ans, Pi et L chaque année.
En France, un chiot ne peut pas être cédé avant l’âge de huit semaines. Celui qui arrive dans son nouveau foyer a donc souvent reçu une première dose, notée sur son carnet de santé ou son passeport. Vérifiez la date et le nom du vaccin dès le premier jour : c’est elle qui fixe le rendez-vous suivant.
Chiot adopté tardivement ou sans carnet
Un jeune chien récupéré à quatre ou cinq mois sans aucune preuve de vaccination repart de zéro, avec deux injections à trois ou quatre semaines d’intervalle. Profitez de cette première visite pour faire le point complet, comme le détaille notre article sur la visite chez le vétérinaire après l’adoption.
Vaccin chiot contre la rage : obligatoire pour voyager
La France est officiellement indemne de rage chez les mammifères terrestres depuis 2001. Le vaccin n’est donc pas obligatoire pour un chiot qui reste en France, sauf pour les chiens de première et deuxième catégorie.
Dans la pratique, il devient vite indispensable. Il est exigé pour tout passage de frontière, et de nombreux campings, pensions, expositions et concours le demandent aussi. Les conditions pour voyager dans l’Union européenne sont strictes :
- un chiot identifié par puce électronique avant l’injection ;
- un âge minimum de 12 semaines au moment du vaccin ;
- un délai de 21 jours après la première injection avant de partir ;
- un passeport européen rempli par le vétérinaire.
Concrètement, un chiot ne peut pas franchir une frontière européenne avant environ 15 semaines. Pour certains pays hors Union, le retour exige en plus un titrage des anticorps, à réaliser au moins 30 jours après la vaccination et trois mois avant le retour. Anticipez de plusieurs mois : le site service-public.fr détaille les règles pays par pays.

Toux du chenil, piroplasmose, Lyme : le vaccin chiot selon son mode de vie
La toux du chenil
Ce vaccin se donne le plus souvent par voie nasale, quelques gouttes dans une narine. Il vise la bactérie Bordetella bronchiseptica et le virus parainfluenza. La protection s’installe en quelques jours et dure un an. Il est souvent réclamé par les pensions et les clubs d’éducation. Pour distinguer une toux banale d’un vrai souci, la fiche consacrée au chien qui tousse donne les repères utiles.
La piroplasmose
Transmise par les tiques, cette maladie détruit les globules rouges et peut tuer en quelques jours. Le vaccin se fait à partir de 5 mois, en deux injections espacées de trois à quatre semaines, puis un rappel annuel, voire semestriel dans les régions très infestées.
Il protège surtout contre les formes graves, sans empêcher toute infection. Un antiparasitaire efficace toute l’année reste donc la base, qu’il s’agisse d’un comprimé ou d’un collier Seresto. Après chaque balade en forêt ou dans les hautes herbes, une inspection du pelage s’impose.
Pour retirer une tique, un crochet tire-tique fait mieux qu’une pince à épiler : on le glisse sous la tique et on tourne sans tirer, pour ne pas laisser la tête dans la peau. Gardez-en un dans la boîte à gants et un à la maison.
La maladie de Lyme
Autre maladie liée aux tiques, la borréliose provoque surtout des boiteries et de la fièvre. Son vaccin est possible dès 12 semaines, en deux injections à trois semaines d’écart, puis chaque année. Il concerne d’abord les chiens de chasse, les promeneurs de sous-bois et les chiens de campagne.
Prix du vaccin chiot en France en 2026
Les tarifs sont libres et varient selon les régions : Paris et les grandes métropoles dépassent souvent la moyenne de 20 euros ou plus. Les fourchettes ci-dessous incluent la consultation, qui comprend un examen clinique complet.
| Acte | Fourchette |
|---|---|
| Injection CHPPiL avec consultation | 50 à 90 € |
| Primovaccination complète (2 à 3 visites) | 100 à 250 € |
| Rage, avec passeport européen | 50 à 90 € |
| Piroplasmose (par injection) | 70 à 80 € |
Ces frais reviennent chaque année avec les rappels. Certaines assurances incluent un forfait prévention qui rembourse une partie des vaccins : le comparatif des tarifs d’assurance pour chien permet de voir si l’option vaut le coup pour votre budget.
Vaccin chiot et sorties : socialiser sans prendre de risque
Voilà le vrai dilemme des premières semaines. La période de socialisation, pendant laquelle le chiot apprend à accepter le monde, se referme vers 12 à 14 semaines. Attendre la fin des vaccins pour sortir, c’est rater cette fenêtre. Les vétérinaires comportementalistes recommandent donc de sortir tôt, mais avec discernement.
Un chiot porté dans les bras ou dans un sac découvre le marché, le bus et les poussettes sans toucher le sol. Évitez en revanche les parcs canins, les pieds d’arbres très marqués et les lieux où passent beaucoup de chiens inconnus. Les cours pour chiots, entre jeunes chiens vaccinés, sont une excellente option dès la semaine qui suit la première injection.
Pour le transport, choisissez un sac aéré, à fond rigide et avec une attache intérieure qui retient le collier. Le chiot doit pouvoir s’y tenir assis sans être tassé.
À la maison, ces premières semaines servent aussi à poser les bases. La règle du 3/3/3 aide à comprendre son rythme d’adaptation, et notre méthode pour gérer un chiot qui mordille tombe à pic à cet âge.
Signal d’alerte : un peu de fatigue, une légère fièvre ou une petite boule au point d’injection pendant 24 à 48 heures sont banals. En revanche, un gonflement du museau ou des paupières, des vomissements répétés, des plaques rouges ou une respiration difficile dans les heures qui suivent le vaccin imposent un retour immédiat chez le vétérinaire.
Préparer le rendez-vous du vaccin chiot
Un vaccin n’est efficace que sur un organisme en bonne santé. Le vétérinaire commence donc toujours par examiner le chiot, et il reporte l’injection en cas de fièvre, de diarrhée ou de forte infestation parasitaire.
La vermifugation compte aussi. Les jeunes chiots sont vermifugés toutes les deux semaines jusqu’au sevrage, puis chaque mois jusqu’à six mois. Notre guide des vermifuges pour chien détaille les produits et les rythmes.
L’astuce du pro : apportez des friandises très appétentes et demandez au vétérinaire de les donner lui-même pendant l’examen. Le chiot associe la clinique à une bonne expérience, et les visites des quinze prochaines années se passeront beaucoup mieux.
Pensez aussi au matériel de base pour l’accueillir : notre liste des accessoires indispensables pour l’arrivée du chiot évite les achats inutiles. Et plus tard, quand il aura blanchi du museau, le protocole évoluera encore, comme on le voit avec la vaccination du chien de plus de 10 ans.
« Une parvovirose soignée coûte des nuits d’hospitalisation. Trois injections bien placées coûtent un après-midi et quelques friandises. »
À retenir
CHPPiL à 8, 12 et idéalement 16 semaines, rappel entre 6 mois et 1 an, rage dès 12 semaines si un voyage se profile, et vaccins complémentaires selon le mode de vie. Le carnet de santé tenu à jour est la meilleure assurance du chiot.
Questions fréquentes sur le vaccin du chiot
Quand un chiot peut-il sortir après ses vaccins ?
Il peut sortir dans les bras dès son arrivée. Pour marcher librement dans les lieux fréquentés par d’autres chiens, mieux vaut attendre une à deux semaines après la dernière injection de primovaccination.
Le vaccin contre la rage est-il obligatoire en France ?
Non, sauf pour les chiens de catégorie 1 et 2 et pour tout voyage à l’étranger. Beaucoup de pensions et de campings l’exigent toutefois.
Que faire si un rappel a été oublié ?
Prenez rendez-vous rapidement. Un retard de quelques semaines se rattrape souvent par une simple injection, un oubli de plusieurs mois peut imposer de refaire deux doses.
Un chiot peut-il être vacciné le jour où il est vermifugé ?
Oui, les deux sont compatibles. Beaucoup de vétérinaires en profitent pour faire les deux lors de la même visite.
Le vaccin est-il douloureux pour le chiot ?
La piqûre sous la peau est brève et la plupart des chiots la remarquent à peine, surtout avec une friandise. Retrouvez d’autres conseils dans notre rubrique santé du chien.
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